RELEASE
Adioa - Bile de Toubab
LABEL: Secousse
Le 1er décembre 1944, au camp militaire de Thiaroye, aux portes de Dakar, au Sénégal, 1 600 soldats français d'origine ouest-africaine (Bénin, Mali, Côte d'Ivoire, Tchad, Sénégal, Gabon, Togo, etc.) sont évacués en urgence par l'armée française lors de ce qui sera plus tard appelé le « blanchiment des troupes coloniales », survenu avant la signature de l'armistice. Ces soldats attendent leur solde. La situation dégénère, des protestations éclatent et l'état-major français ouvre le feu. Le bilan officiel fait état de 35 victimes, bien que diverses sources avancent le chiffre de plusieurs centaines de morts ce jour funeste. Depuis, de nombreux artistes se sont emparés de ce sujet douloureux, réclamant reconnaissance et réparation. C'est le cas du jeune musicien et chanteur sénégalais Maxidilick Adioa, dont le premier single, « Toubab Bile », sort en 1987. À cette époque, Adioa vivait en France depuis quelques années. Il était considéré comme un maître des percussions, jouant, enregistrant et tournant aux côtés du grand artiste ivoirien Alpha Blondy. Il venait de composer un magnifique morceau, « Nao », pour Aminata Fall, l'une des plus grandes actrices et chanteuses du Sénégal. Le moment semblait idéal pour lancer sa carrière solo. « Toubab Bilé » reste à ce jour le plus grand succès d'Adioa et l'un des meilleurs morceaux de reggae africain jamais enregistrés. Adioa signa ensuite un contrat d'album avec le label Island Records de Chris Blackwell et parcourut le monde sans relâche pendant les années qui suivirent. En 2012, François Hollande fut le premier président français à évoquer officiellement le massacre de Thiaroye et à lui rendre hommage dans un discours.