RELEASE
O'Donel Levy - Simba
LABEL: Mr Bongo
Pour commencer, l'envoûtant album de jazz soul et funk « Simba », signé par le virtuose de la guitare O'Donel Levy. Né à Baltimore, Levy était déjà considéré comme l'un des guitaristes de jazz les plus prometteurs au moment de la sortie de « Simba ». Après avoir tourné avec George Benson et Jimmy McGriff, et participé à l'album « Black Pearl » de McGriff chez Blue Note, il signe chez Groove Merchant, le label de Sonny Lester. Produit par Lester lui-même et enregistré en deux jours consécutifs en 1973, « Simba » réunit un véritable gratin de musiciens de studio des années 70. On y retrouve le légendaire batteur Steve Gadd, Cecil Bridgewater au bugle, Tony Levin à la basse et Manny Albam aux arrangements. Véritable leçon de rythmes à la fois précis et d'une fluidité funk déconcertante, les morceaux mettent en lumière ces musiciens à leur apogée. Le morceau d'ouverture, « Bad, Bad, Simba », aurait parfaitement trouvé sa place sur la bande originale d'une course-poursuite en voiture des années 70 signée Lalo Schifrin. Le jeu de Levy est brillant, vif et précis, avec une énergie communicative et exubérante, parfaitement mise en valeur par la batterie magistrale de Gadd. « Playhouse » offre une autre proposition vibrante, où guitares wah-wah, cuivres et flûtes s'affrontent dans un duel effréné. Le fil conducteur cinématographique se poursuit tout au long de l'album, bien que le tempo soit légèrement ralenti. « Sierra Lonely » et « Sad, Sad, Simba » nous entraînent dans l'univers des ballades luxuriantes, avec de superbes arrangements d'Albam et le jeu magnifique de Collins et Bridgewater au bugle. Ici, Levy brille sans chercher à se mettre en avant, tandis que les musiciens fusionnent pour atteindre une perfection décontractée. « Nigerian Knights » clôt l'album en beauté, mettant une fois de plus en lumière le jeu de guitare à la fois discret et magnétique de Levy. Chaque morceau de « Simba » est une réussite. À l'instar des productions CTI Recordings de la même époque, l'atmosphère et les textures des morceaux de Sonny Lester possèdent cette esthétique hip-hop novatrice, que d'autres producteurs réinterpréteront et retravailleront par la suite. Cet album, d'un équilibre parfait, aux arrangements subtils et à l'exécution magistrale, vibre d'une énergie communicative qui vous transporte.