Ronald Snijders - Penta
LABEL: Night DreamerLe multi-instrumentiste néerlandais-surinamais Ronald Snijders annonce la sortie de son nouvel album, Penta. Figure incontournable du jazz, il fait dialoguer les influences latines, brésiliennes et surinamaises avec le son électrique de Weather Report. Entre 1977 et 1983, Snijders a publié quatre albums devenus des références incontournables du jazz fusion profond et novateur. Enregistré directement sur disque au studio Artone avec un ensemble exceptionnel de musiciens européens, Penta pétille d'énergie grâce à la virtuosité de Snijders à la flûte, à la précision de ses interactions et à une palette sonore riche et variée, allant des synthétiseurs au clavinet, en passant par le Fender Rhodes, la basse électrique et le saxophone. Fusion harmonieuse de rythmes, d'influences et d'improvisation, Penta possède l'élégance d'un disque de jazz-funk de l'âge d'or, alliée à l'énergie et à la fougue d'un groupe live en pleine forme. L'album s'ouvre sur « Kaseko Sisters », une composition vibrante et percussive qui mêle le rythme surinamais du kaseko (lui-même influencé par le calypso et le kawina) à un son jazz contemporain. Ce morceau enflammé, qui transporte l'âme de Paramaribo, la capitale du Suriname, jusqu'à Haarlem, donne le ton à un album aux styles hybrides et à la virtuosité époustouflante. Sur « Nevertheless » et « Basic Things », le groupe s'installe dans un groove funk profond, laissant toute la place au jeu de flûte mélodique et incisif de Snijders. Avec « Nite Time », le groove s'apaise et la douce brise du soir de Rio de Janeiro dicte la mélodie, témoignant de l'amour de Snijders pour la musique brésilienne, qui a imprégné nombre de ses compositions au fil des ans. Sur la face B, Snijders nous offre le morceau downtempo « Fusionize », qui réinvente le terme « fusion » dans un nouveau contexte (à l'instar de l'hommage rendu à l'un des pionniers du genre dans « Ode to Wayne Shorter »). Mélange d'éléments musicaux variés, ce titre précède le morceau kaseko aérien « Maseko », puis « Valsa », une valse caribéenne qui clôt l'album sur une note sereine et onirique. Né au Suriname et fils du célèbre compositeur et chef d'orchestre Eddy Snijders, Ronald Snijders s'est fait un nom aux Pays-Bas. Son premier album, Natural Sources (1977), est une œuvre remarquable et audacieuse, véritable démonstration d'indépendance. Sorti sur son propre label, Black Straight Records, l'album ne comporte que des compositions originales, pour lesquelles Snijders joue de tous les instruments, et qu'il a lui-même produit et mixé. À contre-courant des idées reçues selon lesquelles les musiciens surinamiens ou caribéens ne devaient produire que des disques festifs, Snijders a ouvert la voie en enregistrant son deuxième album, *A Safe Return*, dans des conditions tout aussi indépendantes en 1980. Avec un groupe pour *Black Straight Music* (1981) et *Quartz* (1983), Snijders a constitué une discographie qui sera rééditée par Night Dreamer pour accompagner la sortie de *Penta*, le tout transféré à partir des bandes originales. Bien que Snijders et son père aient été anoblis pour services rendus à la musique aux Pays-Bas, Ronald recevant la plus prestigieuse récompense de jazz du pays, le prix Boy Edgar, en 2022, son œuvre est restée largement méconnue du public international. Témoignage de la virtuosité et du talent de compositeur envoûtant de Snijders, *Penta* retrace des parcours musicaux du Suriname à l'Europe et vice-versa, pour fusionner un son à la fois intemporel et original.