Divers - Heavenly Remixes 3 - Andrew Weatherall Volume 1
LABEL: Heavenly RecordingsAndrew Weatherall fut le premier véritable ami de Heavenly. Dès la création du label au printemps 1990, il était une source d'inspiration et un compagnon de route sur la voie prometteuse qui s'ouvrait à nous grâce à l'immense libération culturelle de l'acid house. À cette époque, chaque rencontre stimulante pouvait se transformer en une opportunité inespérée dans cette nouvelle économie underground en plein essor. Ennuyé par votre travail ? Lancez-vous dans les sets ! Organisez des soirées ! Entrez en studio ! Créez un label ! Surtout, ne restez pas les bras croisés. Andrew suivra deux de ces préceptes toute sa vie, et contribuera également aux autres à différents moments.
Au début, Andrew fréquentait assidûment Capersville, le bureau de presse pré-Heavenly géré par son ami et fondateur du label, Jeff Barrett (qui allait bientôt devenir son manager). C'est là qu'il a déniché un exemplaire du deuxième album de Primal Scream, alors peu apprécié, et qu'il a repéré un morceau qui deviendrait plus tard Loaded, après avoir reçu pour instruction de le « détruire » de la part d'Andrew Innes, membre du groupe. C'est également là qu'est née l'idée de remixer le premier album sorti chez Heavenly.
Le remix d'Andrew du premier disque Heavenly est profondément ancré dans son époque. « The World According To Sly and Lovechild » est un tourbillon de basses percutantes, surmonté d'une ligne de marimba hypnotique et d'une voix de diva extatique, typique des clubs post-Shoom comme le Yellow Book. Sa version du titre suivant du label, « Only Love Can Break Your Heart (A Mix of Two Halves) » de Saint Etienne, allait définir les contours de ses trois décennies d'exploration sonore. Ce dub impérial et lancinant monte en puissance avec une intensité mélancolique (en partie grâce au mélodica joué par Pete Astor, légende des Weather Prophets), évoquant davantage Kingston au crépuscule que Kingston-upon-Thames en pleine effervescence. C'est à la fois un morceau taillé pour le dancefloor et une expérience psychédélique au casque de très haut niveau – un exemple parfait de ce qu'il faisait mieux que quiconque.
Entre 1990 et sa disparition prématurée en 2020, Andrew a mixé plus de groupes pour Heavenly que pour n'importe quel autre label. Invariablement, il rapportait au bureau une musique visionnaire, souvent en personne pour une écoute (au moins) solennelle – un rituel où le volume était poussé à fond et où Andrew, les yeux fermés, se balançait en arrière, absorbé par la magie du moment.
À chaque fois, il déformait et tordait les originaux pour leur donner de magnifiques nouvelles formes — des disques de club élastiques qui pouvaient évoquer la techno de Detroit une seconde et Throbbing Gristle la suivante, avant de se transformer en quelque chose qui ressemble à The Fall produit par King Tubby.
Les aventures d'Andrew en studio ont toujours été guidées par ce premier conseil : massacrer le matériel d'origine. C'est pourquoi son nom était le premier qui venait à l'esprit lorsqu'on parlait de remixes ; le premier numéro à appeler. En réécoutant ces remixes aujourd'hui — trente ans de sonorités alternatives et glorieuses — il est plus évident que jamais que Heavenly a eu la chance d'avoir un ami comme Andrew Weatherall.
Liste des titres :
Sly & Lovechild - Le monde selon Sly & Lovechild (Soul Of Europe Mix)
Mark Lanegan - Beehive (doublage d'Andrew Weatherall)
Flowered Up - Weekender (Audrey Is A Little Bit More Partial Mix)
Gwenno - Chwyldro (Andrew Weatherall Remix)
Saint Etienne - Seul l'amour peut briser ton cœur (Un mélange de deux moitiés)
Confidence Man - Bubblegum (Remix d'Andrew Weatherall)
Espiritu - Conquistador (Sabres Of Paradise No. 3 Mix)
The Orielles - Sugar Tastes Like Salt (Andrew Weatherall Tastes Like Dub Mix Pt.1 - Live Bass)