Divers - Nulle part ailleurs comme ici : Chansons d'amour des Caraïbes et de la diaspora
LABEL: Emotional RescueEmotional Rescue est ravi de présenter une première. Plutôt qu'une simple réédition d'un classique (obscur) ou une compilation de morceaux d'un artiste ou d'un label, nous vous proposons ici une compilation d'artistes variés, centrée sur un son et un mouvement musical teintés de reggae, et sur la manière dont ce genre musical a influencé et s'est diffusé depuis les Caraïbes et sa diaspora.
Tiré des fouilles décalées de l'archiviste, DJ et collectionneur Bruno ( perfectliv.es ), Nowhere Like Here n'est pas une suite, mais un accompagnement latéral, à sa récente et déjà culte collection 'Perfect Motion' de pop et de new wave de terrain, récemment auto-produite avec Flo Dill (NTS).
Cette édition spéciale célèbre les 10 ans du label et au-delà, offrant un véritable trésor de morceaux reggae lo-fi, souvent inspirés par la pop, mêlant des hymnes sincères dans le style Lovers Rocks et des curiosités originales de presses privées, tous garantis pour vous faire bouger et taper du pied. Ce sont, pour la plupart, des pépites alternatives incroyablement rares ou impossibles à trouver, qui sont tout aussi capables de faire vibrer les sound systems et de faire trembler les murs avec leurs lignes de basse massives, illustrant à merveille l'héritage durable de ce phénomène musical jamaïcain.
Comme pour une grande partie du début des années 80, la scène musicale était en pleine renaissance du « fait maison », avec l'émergence de petits labels proposant des éditions limitées et éphémères, parfois même des « White Labels Only ». Des titres comme « Your Love is Such a Good Thing » d'Avalanche ou « Take It To The Night » de Warp Speed témoignent de cette volonté de s'approprier la production, de presser ses disques et de les distribuer soi-même. Cette exubérance brute et naïve transparaît dans les morceaux. Il ne s'agit pas ici de reggae ou de Lovers au sens traditionnel du terme, mais d'une musique plus expressive. Musicale, à la production simple, elle dégage un optimisme communicatif et exaltant, d'une efficacité redoutable.
Si « Can I Take You Home » de Paul Thompson et « Black Beauty » de Ras Ibuna sont des morceaux plus directs dans le style Lover's, on retrouve aussi les vibrations dance pop en édition limitée des deux chansons de Keith Robinson et de « Caroline » de Majority, qui forment un tout cohérent ; un lien entre les différents éléments qui constituent l'essence même de Nowhere Like Here, une chaleur que tout l'album dégage.
Il ne s'agit pas d'un tube Lovers Rock comme on en voit souvent, mais d'une version originale, répartie sur un double album et mixée à un volume élevé pour les DJ, fidèle à l'esprit d'Emotional Rescue qui consiste à présenter quelque chose d'inédit pour la plupart des auditeurs, et c'est tant mieux.