Machine Empereur - Island Boogie
LABEL: LengChut ! Mais le neuvième album d'Andrew Meecham sous le nom de The Emperor Machine, Island Boogie, est sans doute son œuvre la plus aboutie à ce jour. Certes, tous ses albums regorgent de sonorités synthétiques vintage, de mélodies entraînantes, de rythmes disco électroniques teintés de dub et d'une dimension cosmique, mais celui-ci a quelque chose de plus. Island Boogie est assurément un album à part. Le plus personnel de Meecham à ce jour, il s'inspire de son expérience au Rotation Garden Party, un micro-festival très apprécié, organisé par un groupe d'amis (dont Dean Meredith, ancien collaborateur de Bizarre Inc et Chicken Lips), et réputé pour la qualité de son système son Klipschorn sur mesure. « Le titre de l'album résume parfaitement l'atmosphère du Rotation », explique-t-il. « Même si le festival se déroule dans un lieu enclavé, il offre une merveilleuse sensation d'isolement – un véritable paradis pour les audiophiles. » Meecham a testé sur scène des versions préliminaires des huit titres de l'album lors de Rotation 2023, les retours du public et les réactions du dancefloor orientant le son et l'arrangement des mix finaux. Logiquement, Meecham sera de retour à l'événement en juillet prochain pour présenter l'album à Rotation 2024. Compte tenu de l'inspiration qu'il a puisée lors des éditions précédentes du festival, ce sera un moment très spécial. Musicalement, Island Boogie offre l'expression la plus aboutie et la mieux construite du son de The Emperor Machine à ce jour, un style que Meecham décrit comme du « disco-boogie cosmique électronique ». Un son qui puise ses influences dans le punk-funk et le dub disco new-yorkais du début des années 80, l'électro vintage, la proto-house et un synth-boogie alternatif, mais qui reste immédiatement reconnaissable pour ceux qui suivent la carrière de Meecham depuis trois décennies. Sur Island Boogie, Meecham poursuit sa collaboration fructueuse avec Séverine Mouletin, dont la voix élégante et singulière avait déjà sublimé ses tubes « Dance Por Amor » et « Your Own Style ». Mouletin apparaît ici sur quatre titres : le wave-boogie rétro-futuriste et acidulé de « La Cassette » (avec des percussions additionnelles de Rupert Brown) ; l’enivrante et électrisante « Devoilez-Vous », son récent single ; et le funk synthétique analogique et saturé de « Wanna Pop With You » et « Vas-y-Le Chat ». Meecham propose également une reprise du classique pop-rock de Fox de 1976, « Sss-single Bed », un des morceaux préférés de l’artiste originaire de Stafford. Sa version, portée par la voix envoûtante de Michelle Bee et la guitare de Dave Atherton, réinvente le morceau en une pièce d'électro-pop irrésistible, subtilement influencée par Chic, riche en sonorités synthétiques kaléidoscopiques, refrains entraînants et rythmes syncopés. Les fondements instrumentaux du son classique d'Emperor Machine s'affirment pleinement sur les trois autres titres de l'album. On retrouve la chaleur jazz-funk du morceau d'ouverture éponyme ; les sonorités électroniques épurées, entre grésillements, bips, basse façon TB-303 et couleurs vives de « Walk The Dog » ; et l'électro cosmique exotique et lente de « Cha Murrah Etem », une composition chaleureuse et poignante dédiée à son père disparu. Enivrante et planante, avec des touches de Balearica et de reggae digital, elle offre une conclusion à la fois belle et tactile à l'album le plus expressif et accessible de Meecham à ce jour.