Kay Suzuki / Artistes variés - Remixes de choix 2008-2022
LABEL: Time CapsulePuisant son inspiration dans les rythmes de Guadeloupe, de Cuba, du Sénégal et de Porto Rico, Kay Suzuki, fondateur de Time Capsule, nous livre une collection de remixes psychédéliques qui transcendent le temps et l'espace. Des caves obscures de Plastic People à la piste de danse psychédélique de Beauty and the Beat, l'univers musical de Kay Suzuki a été façonné par certains des sound systems les plus emblématiques de Londres. Un son de haute qualité, dit-il, peut ouvrir des portails vers de nouveaux univers. Le rythme est le temps rendu plastique et la beauté réside dans l'espace entre les temps. Fruit de plus de quinze années de carrière de ce DJ, producteur, patron du label Time Capsule et ancien chef sushi chez Brilliant Corners, cette collection de remixes est l'aboutissement logique de sa réflexion musicale. Attiré par des rythmes percussifs ou syncopés uniques, il décrit ses remixes comme des dialogues entre la perception du temps de l'artiste original et la sienne. Tissant des influences broken beat, house et dub à des rythmes venus de tout l'Atlantique noir, ces quatre titres trouvent une résonance particulière sur le dancefloor. La face A s'ouvre sur une version dub du rythme festif Gwoka « A Ka Titine » de Gaoulé Mizik, originaire de Guadeloupe, initialement paru chez Beauty and the Beat en 2022. Superposant des nappes électroniques, des sirènes dub et une réverbération spatiale au rythme chaloupé du toumblak, Suzuki s'approprie l'héritage créole du morceau, le transformant en un tube incontournable des pistes de danse, joué par des artistes aussi divers que Colleen Cosmo Murphy, John Gomez, Yu-Su et Bradley Zero. Direction Porto Rico avec « Es Que Lo Es » de Broki, fruit d'une collaboration entre Afronaut et Seiji (Bugz in the Attic) et des musiciens locaux. Suzuki y retravaille les percussions afro-latines en un bruk subtil, évoquant un espace intermédiaire entre Londres et San Juan, à la fois ancré et extérieur à son époque. « Sortez, Les Filles ! » de Blackbush Orchestra complète la sélection. Le titre ouvre la face B, déconstruisant l'original et intégrant les percussions sénégalaises dans un morceau house baléarique entraînant, vibrant et plein de vie. Également sorti initialement chez Beauty and the Beat, ce morceau présente de nouveaux éléments de synthé et de structure qui révèlent le potentiel dancefloor inné de l'original. Le dernier titre de la compilation nous ramène aux Caraïbes, sur l'île de Cuba, où Sunlightsquare, alias Claudio Passavanti, a collaboré avec le chanteur Rene Alvarez et Giovanni Imparato, expert en percussions afro-cubaines, sur « Oyelo ». Ici, Suzuki supprime complètement la grosse caisse, ne laissant apparaître qu'un rythme implicite qu'il décrit comme un « quatre-à-la-terre imaginaire » : un groove qui se ressent plus qu'il ne s'entend, transportant l'auditeur dans un autre univers.