Sommeil D - Electronic Arts
LABEL: Butter SessionsLe nouvel album synthétique révolutionnaire de Sleep D, « Electronic Arts », composé par les alchimistes de Naarm, est prêt à être diffusé.
Après avoir sorti quatre EPs aux sonorités club psychédéliques depuis « Rebel Force » en 2019, le duo surmonte le syndrome du deuxième album, canalisant leur chaos avec une écriture plus aboutie. « Electronic Arts », véritable explosion de rythmes, reflète la folie débridée de leurs DJ sets, passant avec aisance d'un son à l'autre. Les tempos s'accélèrent et ralentissent, atteignant parfois 150 bpm, passant de paysages oniriques et apaisants à des jeux de réalité augmentée dignes d'Envahisseurs de l'espace.
Largement construit à partir de morceaux éprouvés sur scène, l'album est une véritable compilation des Butter Sessions, qui démarre en trombe avec l'initiation rave martienne « Planet Waves », le beatdown polyrythmique d'« Outdoor System » et les affirmations planantes et héroïques de « Sunrise In The Crater (I Exist) ». Si « Electronic Arts » se suffit à lui-même, « Punch Drunk » est sublimé par le chant hypnotique et les cycles de trompette limpides de YL Hooi, ancien membre de l'équipe de futsal. Leur énergie unifiée révèle ainsi une profonde matrice de techno ambient, de motorik, de Don Cherry et d'Everything But the Girl.
Abordant également des thèmes apocalyptiques, comme le doof et le minimal, l'album ne se limite pas aux morceaux taillés pour le dancefloor : les surprises caractéristiques de Maryos Syawish et Corey Kikos y trouvent aussi leur place. Dans « From Village To Empire », le duo puise dans l'héritage de Syawish, tissant une tapisserie d'échantillons ethnographiques irakiens et syriens et d'enregistrements de terrain savamment intégrés, le tout dans l'esprit de Muslimgauze et On-U Sound. Alors que le morceau final, « Textile », s'éteint comme un murmure de pas regagnant le camp de base dans un soupir de satisfaction, on se demande où les explorations existentielles de Sleep D nous mèneront ensuite.