RELEASE
Divers - Tubes instrumentaux modernes éthiopiens
LABEL: Heavenly Sweetness
Vinyle 180 grammes. Réédition de la compilation vinyle originale éthiopienne. L'éthiocentrisme profondément ancré chez les Éthiopiens, héritage de mille ans d'histoire, a largement contribué à la forte identité nationale de leur musique, particulièrement imperméable aux influences africaines. Les influences latines, si présentes dans les grands centres musicaux d'Afrique de l'Ouest et du Congo, ont été tout autant rejetées, malgré les efforts brillants d'un musicien comme Mulatu Astatke. Il fut le premier, et longtemps le seul Éthiopien, à avoir étudié la musique à l'étranger (Angleterre et États-Unis). À la fin des années 60, il a remis au goût du jour l'« éthio-jazz », ainsi qu'une passion pour les rythmes latins qui ne rencontrait pas immédiatement le public éthiopien. Dès 1966, il sort aux États-Unis un single et deux albums intitulés Afro-Latin Soul (et un troisième, Mulatu of Ethiopia, en 1972), avec son quintette éthiopien composé de musiciens américains et latino-américains (Worthy Records). C'était trois ans avant la première tournée américaine de Fela et six ans avant la sortie de son premier album. Avant le succès retentissant de Manu Dibango avec la sortie de Soul Makossa sur le marché occidental des « musiques du monde », l'histoire de la modernité musicale africaine devait être repensée à la lumière de l'aventure éthiopienne. Pourtant, cette initiative isolée n'avait que peu de rapport, musicalement ou idéologiquement, avec les révolutions musicales initiées notamment par le highlife ghanéen, le jazz sud-africain, la rumba congolaise ou, bien plus tard, par Fela.