Sylvan Esso - Sandy sans règles
LABEL: ConcordMeath et Sanborn décrivent la dynamique de Sylvan Esso comme une joute verbale entre eux, ses mélodies irrésistibles se heurtant aux synthés audacieux, parfois dérangeants, de Sanborn. No Rules Sandy est une fusion complète : pop et musique électronique fusionnent en une création inédite qui se construit sans cesse. Avec cet album, explique Meath, « nous sommes revenus à la formule classique : chacun essaie d’impressionner l’autre ». Prenez « Echo Party », qui s’ouvre sur des ondulations électroniques autour de la voix de Meath, tandis qu’un rythme simple laisse place à un profond balancement de synthé. Lumière et obscurité s’entremêlent, promesse extatique d’une fête (« il y a plein de gens qui dansent en ville ») dont on ne pourra peut-être jamais partir (« ouais, on tombe tous/mais certains restent là où ils sont tombés »). Les synthés de Sanborn font un clin d’œil à la musique électronique des années 90 tout au long du morceau, mais comme pour l’ensemble de l’album, dit-il, « je veux que tout ait un air de déjà-vu, mais présenté d’une manière inédite ».
Tous deux décrivent No Rules Sandy comme leur projet le plus personnel – le titre lui-même reprenant le surnom de Sanborn. Les détails les plus intimes, mais non moins énigmatiques, se révèlent dans les interludes entre les morceaux : messages vocaux de proches, chants d’oiseaux aux abords de leur studio, celui de Betty, voix d’enfants et autres fragments de vie transformés en œuvre d’art intemporelle. « On a l’impression de lire une page de journal intime d’une période très précise », explique Sanborn à propos de ces interludes, qui comblent les vides entre les chansons et font de No Rules Sandy un ruban sonore ininterrompu, une source de sauvagerie et d’énergie qui imprègne l’album du début à la fin.