22 Beaches - Dust : Enregistrements 1980-1984
LABEL: Seated RecordsLe label Seated Records, basé à Glasgow, revient avec de nouveaux morceaux post-punk/new wave écossais des années 80. Dans cette mini-compilation de 8 titres, il présente le groupe de Stirling, 22 Beaches, et propose une immersion dans leur musique enregistrée entre 1980 et 1984, dont la plupart est restée inédite ! 22 Beaches s'est formé à Stirling à la fin des années 70, dans la continuité du groupe éphémère « Alone at Last », dont le batteur Fred Parsons et le guitariste Stephen Hunter étaient les deux membres fondateurs. Parmi les six membres de 22 Beaches, plusieurs étaient amis d'école, et les autres se sont rencontrés naturellement. Le groupe a beaucoup tourné et s'est produit dans des lieux très variés à travers le Royaume-Uni : de la chaufferie d'une piscine municipale aux petites boîtes de nuit et soirées étudiantes, en passant par des concerts de charité pour la grève des mineurs. Le batteur Fred Parsons a notamment raconté son expérience lors du « Grangemouth International », un concert organisé par le promoteur local Brian Guthrie. L'événement réunissait des groupes de renom tels que 22 Beaches, The Exploited et la première formation des Cocteau Twins. Un car avait été affrété pour transporter le public de Stirling à Grangemouth, le prix étant inclus dans le billet. Le concert s'interrompait à mi-parcours pour un buffet en libre-service. Avis aux jeunes promoteurs : voilà la recette ! Au cours des années 80, le groupe a sorti des titres sur trois compilations cassettes, aujourd'hui très recherchées. « What Day Is It? » et « Sadie When She Died » figurent sur la compilation « The ANKLE File », regroupant des artistes locaux de Stirling. Le morceau « Dust », qui a donné son nom à l'album actuel, est initialement paru sur une compilation du fanzine « Another Spark ». Et « Zoo » (également présent sur ce disque) est sorti initialement sur le label glaswégien Pleasantly Surprised, via la compilation « An Hour Of Eloquent Sounds », où 22 Beaches côtoyait les débuts de groupes écossais tels que Primal Scream, Cocteau Twins, The Wake et Sunset Gun. Malheureusement, 22 Beaches n'a jamais connu le même succès commercial que ces autres formations et a décidé de mettre fin au projet en 1984, laissant leurs enregistrements et démos prendre la poussière (héhé)… jusqu'à aujourd'hui ! Cette compilation, « Dust : recordings 1980-1984 », retrace le parcours du groupe et l'évolution de leur son au fil des années. Elle passe de l'énergie punk brute de leurs premiers enregistrements DIY à la Balearica à la A Certain Ratio de leurs morceaux plus tardifs. Le titre d'ouverture et morceau éponyme « Dust » en est peut-être le plus bel exemple. Caractérisé par une ampleur sonore remarquable, « Dust » possède une sensibilité presque dub qui se ressent à travers… La batterie de Parsons, les percussions de McChord et la basse de Fildes sont au cœur du morceau, tandis que les harmonies vocales de Sharkey et McGregor, chantées par-dessus, lui confèrent sa touche psychédélique si particulière. Cette atmosphère est encore accentuée par la qualité lo-fi de l'enregistrement, qui situe les voix dans le même univers sonore que beaucoup de morceaux folk psychédéliques des années 60. Sur « Cartoon Boy », le groupe se dépouille encore davantage. Une ligne de basse lancinante persiste malgré la saturation de la bande magnétique, accompagnée par une unique boucle d'accords de guitare et les voix de McGregor et Sharkey, qui s'entremêlent avec délicatesse avant de s'harmoniser de la plus belle des manières. Le résultat est un morceau poignant et abstrait, dans le style des Marine Girls. « That Girl » propose à nouveau une section rythmique proche du dub, similaire à celle de « Dust ». Cependant, ici, des accords de guitare précis, un orgue lointain et phasé, et une voix soul aux accents blancs produisent un morceau qui aurait facilement pu être un enregistrement inédit d'Orange Juice. Leurs sessions avec Dennis Bovel. Sur « Somebody Got It Wrong » et « One Of Us », le groupe adopte une approche plus globale où une guitare cristalline aux sonorités presque highlife, des improvisations vocales et des percussions syncopées confèrent à la musique une assurance à la Talking Heads. Ces morceaux illustrent une évolution sonore claire, passant de l'énergie débordante de la no wave des premiers enregistrements à un son plus dub et épuré – une trajectoire suivie par de nombreux groupes de l'époque, notamment ceux issus de la scène Factory Records de Manchester. Sur « Breathing », on perçoit le début de cette transition, avec la forte influence des styles disco new-yorkais atypiques des labels Was (Not Was) et ZE Records. Le tout se mêle à l'énergie punk rock résiduelle du Royaume-Uni des années 80. Cette combinaison est utilisée avec brio, notamment grâce à l'ajout de l'intonation typiquement écossaise (et, comme me l'a confirmé le groupe, spontanée) : « M'aimes-tu ? Me veux-tu ? » « Oui ! » « M'aimes-tu ? As-tu besoin de moi ? » « Non ! ». Sur les derniers morceaux de l'album, « Zoo » et « Talent Show », on découvre les premiers exemples du travail du groupe, jouant avec une énergie live brute, enregistrée en une seule prise, où les riffs de guitare tourbillonnants de Hunter et les exclamations vocales distordues de McGregor mènent la danse. Le groupe se souvient que ces premières tentatives ne se sont pas toujours bien traduites en enregistrement multipiste et en overdubs : « la déconstruction a altéré le naturel du groupe ». Sur « Talent Show », l'album se termine par un passage parlé presque inintelligible de Sharkey, superposé au morceau, offrant une ultime tranche de post-punk déroutante, presque frénétique. Ces morceaux de 1980 à 1984 retracent l'évolution d'une contribution unique au monde du post-punk et de la new wave écossais, illustrant non seulement la trajectoire musicale de 22 Beaches, mais faisant également écho au paysage sonore plus large du Royaume-Uni des années 1980, témoignant de l'adaptabilité et de la créativité de la musique underground britannique de l'époque.