Alex Ho - Passer à travers
LABEL: Music From MemoryPremier album d'Alex Ho, originaire de Los Angeles.
Dans son essai fondateur sur Los Angeles, LA Glows, l'essayiste Lawrence Weschler évoque la lumière singulière et immédiatement reconnaissable de la ville : « La lumière de fin d'après-midi à Los Angeles – un rose doré qui filtre à travers le smog depuis la baie et se reflète sur les palmes. » Weschler retrace l'histoire de cette lumière mystérieuse et réfractée, depuis les toiles emblématiques de David Hockney jusqu'aux nombreuses apparitions de la ville au cinéma et à la télévision, soulignant son pouvoir de plonger ses habitants dans un état de béatitude désintéressée.
De même, le nouvel album d'Alex Ho pour Music From Memory, « Move Through It », rayonne de l'inimitable ambiance de Los Angeles. Si le travail en studio de ce natif de Pasadena commence tout juste à être révélé, Ho est depuis longtemps une figure incontournable de la scène dance music de Los Angeles. Il organise sans doute les soirées warehouse les plus riches musicalement de la ville et s'est forgé un style unique en tant que DJ, comme en témoigne son excellente émission « Moony Habits » sur NTS. Ce disque de huit titres, cependant, nous transporte dans un univers plus introspectif, idéal pour une balade en voiture au crépuscule plutôt que pour une soirée endiablée.
Bien qu'il s'agisse de son premier album, « Move Through It » est l'œuvre aboutie d'un artiste accompli, patiemment produit entre 2017 et 2020 avec l'aide d'amis tels que Baba Stiltz, Phil Cho, Damon Palermo et John Jones. « Mark », le morceau final de la face A, est une montée en puissance progressive et arpégée qui rappelle la brillante partition de Pino Donaggio pour le film « Body Double » de Brian De Palma (1984). Le falsetto pur et saisissant de Ho plane au-dessus de douces mélodies. « Miss Suzuki », le morceau qui a initialement attiré l'attention de Jamie Tiller et Tako de MFM, ouvre l'album avec une ambiance mélancolique et cinématographique. Le talent de Ho pour les mélodies poignantes – qu'il exprime avec aisance au saxophone, au vibraphone, à divers claviers et par sa propre voix – brille sur « College Crest Drive », ainsi que sur le morceau éponyme. Le morceau lyrique « Move Through It » et le titre de clôture, sobre et magnifique, « TYFC », sont sublimés par des figures de guitare Kraut scintillantes signées John Jones.
Si les rythmes et les mélodies de Ho dépeignent une vision musicale d'une clarté cristalline, le cœur émotionnel de sa musique demeure plus insaisissable, révélant une nostalgie propre à Los Angeles. Jouant sur ces notes vaporeuses et subtiles, « Move Through It » s'inscrit dans la lignée des albums imprégnés de soleil, d'Herb Alpert (« Rotation ») à la trilogie « Private Life » de Dam-Funk sous le nom de Garrett. Œuvre immersive et concise, « Move Through It » d'Alex Ho est aussi chaleureux et singulier que la ville qui l'a inspiré : un album emblématique de Los Angeles.