João Selva - Passarinho
LABEL: Underdog RecordsUne chanteuse et compositrice brésilienne sort un nouvel album de pop tropicale exubérante et vintage.
On retrouve un peu le Carioca João Selva là où on l'avait laissé : voguant sur le mythique Atlantique Noir pour créer une musique exaltante dont les vibrations nous transportent à Rio, dans le Nord-Est brésilien, aux Caraïbes, au Cap-Vert ou même en Angola. Son dernier album, « Navegar » (2021), salué par la critique, est une machine à danser et à rêver vivifiante qui revisite la révolution tropicale des années 70 en proposant un mélange explosif de samba, de soul, de jazz et de funk.
Poursuivant son ascension fulgurante avec « Passarinho » (2023), le chanteur d'Ipanema nous transporte cette fois-ci dans son univers musical, aussi solaire que foisonnant, avec la légèreté d'un oiseau. Les dix titres de ce nouvel album explorent une riche palette d'influences musicales : du semba angolais au funaná capverdien, en passant par le zouk caribéen et la rumba congolaise, la musique de João Selva vibre au rythme de l'Atlantique noir. Dans la plus pure tradition brésilienne, il intègre également des influences nord-américaines et incorpore librement des éléments venus d'ailleurs aux rythmes irrésistibles du Brésil.
Prolongeant une collaboration fructueuse avec le producteur français Bruno Patchworks, ce nouvel album regorge de pépites sonores et offre une palette d'émotions et de sensations. L'optimisme contagieux de « Cantar cantar » est porté par un groove rayonnant digne des meilleures productions de Marcos Valle ou João Donato. Le folk psychédélique de Devendra Banhart sur « Mar de estrelas » ou « Cirandinha » est souvent sublimé par des arrangements orchestraux qui apportent une fraîcheur inattendue à cet album envoûtant. Bien sûr, on ne renonce pas à faire la fête sur les irrésistibles « Seu Carnaval » et « Menina me encanta », et on danse sous la pluie dans « Chuva ». Dans une ambiance plus introspective, la chanson « Por um amor » évoque la relation amoureuse entre psychédélisme et sensualité.
Après deux ans sans Carnaval, l'auteur-compositeur brésilien a choisi de célébrer l'espoir et la joie de vivre dans ces textes écrits en grande partie durant des confinements successifs. Dans la chanson titre « Passarinho », il s'interroge : comment un petit oiseau peut-il continuer à chanter en cage ? Avant d'y répondre dans « Cantar cantar » en rappelant que « quand tout va mal, il suffit de chanter que ça va déjà un peu mieux ». Une poésie universelle et captivante qui porte des chansons à la fois sensuelles et entraînantes. En définitive, un album fait pour déployer ses ailes et s'envoler, la bande-son idéale pour apaiser une certaine saudade et se sentir libre comme l'air.