Manu Dibango - 'Electric Avenue' Vinyle bleu
LABEL: Tidal Waves MusicManu Dibango, né au Cameroun en 1933, n'a plus besoin d'être présenté. Il a développé un style musical unique, fusionnant jazz, funk et musique traditionnelle camerounaise. Il compte sans conteste parmi les artistes africains les plus connus à l'étranger. Ses collaborations sont nombreuses et incluent des pointures telles que Fela Kuti, Herbie Hancock, Bill Laswell, Sly & Robbie, Don Cherry et Bernie Worrell. Outre la vente de centaines de milliers d'albums, il s'est produit dans des salles mythiques comme le Yankee Stadium et le Madison Square Garden.
En 1972, à 40 ans, Manu Dibango accomplit un exploit presque inédit pour un artiste africain : il signa un tube pop. Sa chanson « Soul Makossa » devint un immense succès qui influença la musique populaire pendant des décennies. Repérée initialement par David Mancuso (The Loft), « Soul Makossa » déferla sur les pistes de danse new-yorkaises et, en juillet 1973, devint le premier disque disco à entrer dans le Top 40 du Billboard – un exemple précoce de la transformation radicale de la pop occidentale grâce à l'Afrique. Le refrain « ma-mako ma-ma-sa mako-mako sa » résonne encore dans l'album pop le plus vendu de tous les temps, Thriller de Michael Jackson, et est inscrit dans l'ADN musical de Kanye West, Rihanna, A Tribe Called Quest, Akon et The Fugees.
En 1985, Dibango, l'un des artistes africains les plus reconnus au monde, était de retour à Paris pour enregistrer l'album Electric Africa. Cet album a permis à Manu et au Soul Makossa Gang de collaborer avec le producteur d'avant-garde new-yorkais Bill Laswell, le pianiste de jazz Herbie Hancock, le claviériste de Parliament-Funkadelic Bernie Worrell, le synthétiseur panafricain Wally Badarou, le guitariste new-yorkais Nicky Scopelitis, le percussionniste africain Aiyb Dieng et le virtuose malien de la kora Mory Kante. Cette collaboration a permis à Manu et Laswell de fusionner synthétiseurs et kora, tambours parlants et samples, ngoni et guitare électrique. Au final, il s'agit de world beat dans toute sa splendeur.
Electric Africa demeure l'un des albums les plus marquants de Manu. Sa voix rauque et profonde, à la fois douce et granuleuse, et le son énergique de son saxophone se fondent harmonieusement avec les samples, les percussions foisonnantes et le funk irrésistible de son groupe. Herbie Hancock est présent sur trois titres, offrant un solo de piano électrique exceptionnel sur le morceau éponyme et dialoguant avec le saxophone de Manu, tout en se mêlant aux sonorités de la kora de Mory Kante sur « L'arbre à Palabres ». De même, mais avec plus de subtilité, Laswell, Badarou et Worrell rivalisent de synthétiseurs au sein du groupe tout au long de « Pata Piya ». Le tout fait de cet album un classique afro-funk hypnotique et entraînant qui vous transportera corps et âme.