Muscle cars et Toribio - Le cercle complet
LABEL: Rhythm Section International Deux figures emblématiques de la scène électronique new-yorkaise s'unissent pour un EP envoûtant sur Rhythm Section International. « Full Circle » est le tout nouveau projet de Musclecars & Toribio.
Qualifier ce 30 cm d'épique serait presque réducteur. La richesse musicale et la maîtrise des idées déployées à travers ces trois compositions sont tout simplement miraculeuses. J'emploie le terme « composition » à dessein : il ne s'agit pas de simples morceaux, mais de trois mouvements formant un concerto, avec un intermède dub en prime !
L'album s'ouvre sur un titre house soulful d'une puissance incroyable, « That's My Story », avec la voix de la légende du New Jersey, Roland Clark, qui livre un témoignage poignant. Ce morceau semble être la synthèse des influences du trio. Les paroles lui confèrent une dimension intime et confessionnelle. Les rythmes latins, portés par la grosse caisse 909, propulsent le morceau, tandis que l'orgue, qui s'y déploie avec liberté, nous transporte dans un univers sacré. C'est un titre intemporel, un hommage aux traditions new-yorkaises instaurées par Louis Vega, Timmy Regisford, Joaquin Claussell, Ron Trent et bien d'autres – tous des héros et collaborateurs des compositeurs qui, grâce à ce titre, ont assurément gagné leur place au panthéon de la musique soul américaine.
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« Be Honest » conserve le ton confessionnel des paroles, mais ralentit considérablement le tempo. Est-ce une chanson d'amour, un ultimatum ou un appel au secours ? Quelle que soit l'interprétation, ce titre est l'occasion pour Toribio de briller en tant que chanteur principal, et il atteint des sommets d'émotion, ne laissant personne sans émotion. C'est un véritable tour de force, d'une délicatesse rare, livré avec une émotion brute et une vulnérabilité telles que l'instrumentation se fait discrète : un groove subtil, des cordes vibrantes et quelques accords en suspens suffisent à nous transporter dans la peau du personnage principal. On reste en suspens, et c'est tellement poignant.
Agua De Florida offre une conclusion entraînante et rythmée au concerto, mettant à l'honneur la trompette – magistralement interprétée par la virtuose Audrey Powne, née à Melbourne et installée à Londres. Si Herb Alpert s'était mis à la house, j'imagine que ça ressemblerait à ça. Basse vibrante et synthés planants se mêlent à la mêlée, poussant l'exaltation à son comble. Si l'EP se déroule comme un arc narratif en trois titres, alors celui-ci ne nous laisse certainement pas sur notre faim. Tout est résolu, l'histoire avance, s'élève, et la boucle est bouclée.