RELEASE
Psyché - Psyché
LABEL: Four Flies
Posez le diamant sur le premier album de Psyché et vous serez transporté dans un univers de visions, ou plutôt de visions méditerranéennes : des vagues de chaleur scintillant au-dessus des dunes de sable, des femmes dansant autour d'un feu de joie sur une plaine rocailleuse, ou encore des falaises boisées surplombant une mer émeraude et turquoise. Le nom Psyché, qui signifie « âme » ou « esprit » en grec ancien, témoigne de l'amour du groupe pour le funk psychédélique, mais aussi de la richesse de leurs influences méditerranéennes – de l'Europe du Sud aux Balkans, de l'Anatolie au Maghreb – qui nourrissent leur son hypnotique et leur style minimaliste. Les membres de Psyché, Marcello Giannini (Guru, Nu Genea, Slivovitz), Andrea De Fazio (Parbleu, Nu Genea, Funkin Machine) et Paolo Petrella (Nu Genea), sont actifs sur la scène musicale napolitaine depuis près de vingt ans, notamment lors de la première vague du mouvement Power napolitain (Slivovitz, Revenaz Quartet). Au fil des années, leurs chemins se sont souvent croisés et ils ont collaboré sur des projets parallèles dans divers genres (le duo math-rock Arduo et, plus récemment, le duo synth-pop Fratelli Malibu), avant de former la section rythmique du groupe Nu Genea sur scène. Après leur première tournée avec Nu Genea en 2018, ils ont fondé Psyché avec l'intention d'explorer des styles plus minimalistes et de créer une musique à partir d'éléments réduits. Combinaison unique de psychédélisme, de groove et d'improvisation, la musique de Psyché puise aux sources de notre avenir ; elle évoque des visions d'un passé mythique, mêlant des traditions musicales séculaires à des genres modernes. Telle une douce brise méditerranéenne, elle traverse les terres, les mers et les époques, distillant des rythmes essentiels et des pulsations cosmiques. Le morceau d'ouverture, « Kuma » (du nom de la première colonie grecque antique sur le continent italien, aujourd'hui site archéologique près de Naples), est comme une vague vibrante et magique. Avec son harmonie volontairement simple et ses riffs de guitare incisifs, il traverse la Méditerranée, de l'Italie à l'Afrique du Nord, caressant d'abord les rivages grecs et turcs – avec des éléments de composition rappelant la légende de la pop italienne Lucio Battisti – avant d'accélérer et de s'abattre sur les rythmes entraînants et syncopés de l'afrobeat. À son écoute, on se représente de petites maisons blanches luisantes au soleil, des figuiers croulant sous les fruits, des bazars d'épices et des médinas colorées, et l'on sent presque le vent du désert caresser ses cheveux. Le voyage se poursuit avec deux exemples de l'approche audacieuse et élégante de Psyché, qui fusionne afrobeat et cumbia : « Cumbia Mahàre » et « Amma ». Le premier morceau mêle des synthés minimalistes à des rythmes exaltants de batterie, percussions, guitare et basse, nous entraînant dans les mouvements d'une danse rituelle imaginaire (le terme « mahàre » désignait les sorcières dans les dialectes du sud de l'Italie). Vient ensuite l'ambiance cinématographique et mystérieuse d'« Angizia » (une déesse serpent vénérée par les Marses dans l'Italie antique), un autre mélange fascinant de traditions sonores et de cultures différentes, où les rythmes hip-hop/funk se mêlent à des influences maghrébines, des échos balkaniques et des synthés hypnotiques, évoquant le thérémine, qui lui confèrent une dimension quasi-film de science-fiction. Le titre éponyme « Psyché », avec ses rythmes afro-pop entraînants, ses vocalises éthérées et ses percussions raffinées, est presque un manifeste du style du groupe et confirme la fraîcheur de leur minimalisme, qui n'a pas peur de s'imprégner de la lumière des contrées confinées entre mer et désert. Le morceau suivant, « Manea » (du nom de la déesse romano-étrusque des morts), est un titre afro-funk aux accents jazz oniriques, à la fois doux et introspectifs, dont l'arrangement est dominé par une guitare dont les notes, telles des gouttes d'eau, créent une sonorité délicate et cinématographique. Vient ensuite « Hekate » (la déesse grecque de la magie, de la sorcellerie et des carrefours), un morceau qui fusionne psychédélisme, guitares latines aériennes et un groove rapide et précis. L'album s'achève sur la sublime ballade mélodique « Kelebek », qui mêle avec fluidité rythmes hip-hop et guitares planantes, et dont les sonorités chaleureuses et enveloppantes ainsi que les atmosphères évocatrices évoquent l'image d'un papillon (qui signifie « kelebek » en turc) planant au-dessus de la Méditerranée et, de là, du monde.