Le Lewis Express et Chip Wickham - Doo-Ha !
LABEL: ATA RecordsAvec le flûtiste Chip Wickham et enregistré en direct sur bande analogique 2 pouces aux studios All Things Analogue de Leeds, au Royaume-Uni, cet album est un vibrant hommage à l'âge d'or du soul-jazz : l'alchimie électrique des clubs enfumés, les après-midis passés chez le disquaire et la communion spirituelle entre groove et énergie brute. Puisant son inspiration chez des figures emblématiques comme Ramsey Lewis, Les McCann et Galt MacDermot, ATA a cherché à canaliser l'énergie incomparable du soul, ce jazz qui vous prend aux tripes et aux hanches. Le cœur du groupe est sa section rythmique : les piliers d'ATA, Sam Hobbs à la batterie et le fondateur du label, Neil Innes, à la basse, rejoints par Sam Bell aux congas et John Ellis au piano et au Wurlitzer. Il serait malvenu de mettre en avant un seul morceau, tant le son du groupe est unifié, d'une maîtrise impeccable et d'une précision remarquable (grâce à un groove irrésistible, à la fois souple et dynamique). Les flûtes de Chip Wickham (dans le diapason habituel et dans le modèle alto plus grave et rauque) apportent les phrasés mélodiques et les nuances sonores que nous aimons tant, des murmures aux gémissements, frôlant parfois les accents soul des voix emblématiques de l'époque. L'album explore sept facettes du soul-jazz, de l'assurance décontractée de « Walk On » à l'influence Nouvelle-Orléans et religieuse de « Run Tell That », en passant par l'atmosphère plus détachée et sophistiquée de « Cold Catch », jusqu'à l'exubérant « Sliced, Diced and Fried Twice » – un rappel que la musique partage un langage et des émotions très communs avec la nourriture, et que le terme « âme » s'applique aux deux. « The Saint And The Stranger » explore une nouvelle fois les sonorités soul les plus cinématographiques, avec des clins d'œil aux bandes originales de films policiers de Cinevox, tandis que « Snick Snack » comble notre soif de blues chaud et gras. Enfin, « How Long Before You're Gone » clôt l'album sur un groove qui trouverait parfaitement sa place dans une playlist de Nina Simone, nous rappelant que le soul-jazz ne se résume pas aux nuits blanches et au poulet frit. « Doo Ha! » nous rappelle que la musique a toujours été une question de ressenti, et non de fichiers. Un témoignage de la conviction d'ATA que le son – le vrai son – doit être vécu, patiné, et transmis de génération en génération comme un disque précieux.