u-Ziq - 1977
LABEL: Balmat Lorsque nous avons fondé Balmat en 2021, aucun de nous n'aurait pu imaginer que deux ans plus tard, nous sortirions un album de l'un de nos héros musicaux : Mike Paradinas, alias µ-Ziq. Ce producteur britannique inspire les cofondateurs du label, Albert Salinas et Philip Sherburne, depuis les années 1990. D'ailleurs, son album de remixes, The Auteurs Vs µ-Ziq, fut l'une des toutes premières œuvres de musique électronique que Philip acheta, en 1994. Pouvoir sortir sa musique aujourd'hui est un véritable aboutissement.
Paradinas, bien sûr, n'a plus besoin d'être présenté. Sous une multitude de pseudonymes, dont le principal est µ-Ziq, cet artiste britannique a révolutionné la musique électronique alternative des années 1990. Par ailleurs, cette année marque le 30e anniversaire de son premier album, Tango N' Vectif, sorti sur le label Rephlex de son ami et collaborateur occasionnel Aphex Twin. Son label, Planet Mu, s'est constitué un catalogue impressionnant d'albums visionnaires et novateurs, explorant pratiquement toutes les facettes du spectre électronique. Avec 1977, il opère en quelque sorte un retour dans le passé, et pas seulement par le titre de l'album : puisant ses racines dans les sonorités ambient et électroniques classiques, ces 15 titres évoquent l'esprit d'expérimentation du début des années 1990, avant que les outils et les codes ne se figent en styles rigides.
Les sonorités familières ne manquent pas sur 1977. On y retrouve des échos de raves, de salles chill-out et des transmissions venues des marges de la techno ; des synthés désaccordés, des réverbérations scintillantes et, surtout, des nappes vocales vaporeuses, ce liant étrange qui unit le tout. Le titre, explique-t-il, est censé susciter une nostalgie générale, marquant une année de son enfance où il a pris davantage conscience de lui-même. Plus que tout, 1977 sonne comme du µ-Ziq à l'état pur : dépouillé de ses breakbeats caractéristiques et de son chaos habituel, le premier album purement (ou presque) ambient de Paradinas présente l'essence de sa musique sous un jour totalement nouveau.
Tout au long de son parcours, Paradinas explore des drones ambient sombres (« Marmite »), des thèmes de films d'horreur (« Belt & Carpet »), des rythmes jungle (« Mesolithic Jungle ») et même la house (« Houzz 13 »), qui marque à ce jour le premier véritable moment dancefloor sur Balmat. Pourtant, l'album ne sonne jamais – du moins à nos oreilles – ouvertement rétro. Au contraire, Paradinas extrait des sonorités intemporelles de l'éther et les caresse délicatement, les propulsant vers de nouvelles orbites inattendues. Par moments, 1977 procure une sensation de déjà-vu prolongé : à la première écoute, nous avons eu l'impression de déjà connaître cette musique. Comme si nous l'avions entendue il y a des années, peut-être sur une vieille cassette audio prêtée par un ami, et que nous la recherchions depuis. Nous espérons que vous ressentirez la même chose.